Métaphysique où je pense (et donc j’en suis)

Je souhaite présenter ici la suite des échanges que nous tentons avec mon cher desiderius, sur le blog duquel (ou de qui ?) j’ai mis un lien, l’autre jour, et au commentaire duquel (ou de qui ?) je réagis :

[Je le fais ici, et non « chez lui », parce qu’ici, ai-je constaté, les italiques et les gras se mettent plus facilement que par des <em/em> ou autres <strong/strong> ]

http://desideriusminimus.blog.lemonde.fr/2013/11/27/archi-archives-de-stultitia-2008-une-spiritualite-laique/#comment-427

 

Oublions donc Marx, Démocrite et Nietzsche ! Il suffit en effet de (tenter de) lire « l’Ethique » de Spinoza pour vérifier à quel point la métaphysique pratique un art de la « rationalité argumentative » qui vous oblige à vous « accrocher »…

Quant au « surnaturel » (de BD) que vous me reprochez d’évoquer, je sais, par expérience personnelle, par des discussions avec nombre de croyants, par des lectures et multiples documents (historiques) rendant compte des croyances et superstitions des sociétés croyantes, combien toute croyance religieuse entraîne le plus souvent, sinon systématiquement selon les siècles, la croyance en des forces et entités surnaturelles : lorsqu’on ne veut pas se résoudre à expliquer le monde par le seul rapport de forces physiques (je ne parle plus de matière, pour éviter tout –isme), il est logique qu’on postule l’existence d’un monde métaphysique.

Or, si ces forces relevant d’un Être postulé par une métaphysique ne sont pas naturelles (puisque non réductibles aux lois de la physique ou de la nature), que sont-elles sinon surnaturelles ? Peut-on postuler un monde métaphysique i.e. surnaturel, sans en déduire l’existence de forces surnaturelles, d’esprits surnaturels, voire de grand Esprit, etc. ?

Grand Esprit pouvant être tantôt transcendant, tantôt immanent. Selon qu’on sera cartésien, kantien, spinoziste ou hégélien, etc. Grand Esprit ou (sive, en latin spinozien) Dieu sur lequel on pourra aussi parier, lorsqu’on voudrait, comme Pascal, convaincre des libertins amateurs de jeux de hasard.

Le problème (à mon avis) de la métaphysique, c’est qu’elle n’est pas seulement ou simplement (?) un art du raisonnement ou de la logique argumentative : elle se parle ou s’impose, se forme ou se performe (pour devenir performative) nécessairement dans un monde pas seulement métaphysique, mais dans un monde réel, où vivent des vraies gens, où l’on prétendra faire jouer d’autres forces que des forces naturelles, discours métaphysique à partir duquel seront tenus des discours de Pouvoir ou promulguées des lois qui décideront du destin physique des gens.

Là où nous divergeons, fondamentalement, me semble-t-il, c’est que pour vous la métaphysique est une espèce d’art que vous revendiquez le droit de pratiquer, un droit à la spéculation logique ou à l’argumentation rationnelle. Sauf qu’une fois qu’on aura posé la légitimité et la logique d’un discours métaphysique, il faut bien exposer ce que ce discours vous dit, ce que vous en tirez, voire ce qu’en votre nom d’autres en tireront (et parfois à vos dépens).

Il se trouve, cher desiderius, que vous êtes une personne bonne, généreuse, idéaliste, très cultivée, très spirituelle et, surtout, de bonne foi (je vous fais cette confiance, pour rester dans le même champ lexical). Mais l’histoire de l’humanité nous apprend que ce ne sont pas le plus souvent des gens de votre qualité qui se soucient de rationalité argumentative métaphysique : quand on se fait l’avocat de la métaphysique, il faut permettre à toutes sortes de philosophes, de logiciens, de métaphysiciens ou théologiens, puis d’Eglises ou de Partis (le « Parti de Dieu » se dit en arabe « Hezbollah ») d’en déduire ce qu’ils trouveront logique ou théologiquement rationnel d’en déduire.

Tout métaphysicien n’est pas un Teilhard de Chardin, inscrivant de façon assez conceptuelle et abstraite l’Evolution entre un Alpha (biologique) et un Oméga (spirituel) dans une espèce d’équation dynamisant le destin de la Vie et de l’Humanité vers une sublime noosphère.

C’est bien malgré lui que le matérialisme (cet âne) sera devenu un cheval de bataille contre la religion, de même que (nous en avons déjà parlé) l’anticléricalisme n’a pu se développer que contre du cléricalisme. C’est parce que la religion (une fois devenue théocratie) a interdit tout questionnement ou toute spéculation non conforme aux théologies spiritualistes et dualistes officielles qu’elle a fait du matérialisme non un cheval de bataille mais un dragon satanique à dompter ou à brûler.

Permettez-moi, ici, de vous recopier un bref passage de la fin du roman de Kundera « La vie est ailleurs » (que je viens justement de relire) : « Maître jean Hus et Giordano Bruno ne pouvaient mourir ni par la corde ni par le glaive : ils ne pouvaient mourir que sur le bûcher. Leur vie est ainsi devenue l’incandescence d’un signal, la lumière d’un phare, une torche qui brille an loin dans l’espace des temps. Car le corps est éphémère et la pensé est éternelle… et l’être frémissant de la flamme est l’image de la pensée… Jan  Palach qui s’est arrosé d’essence sur une place de Prague et a mis le feu à son corps aurait pu difficilement faire retentir de son cri la conscience de la nation s’il avait choisi de périr noyé ».

L’évocation de telles victimes, les unes d’une métaphysique théologique, l’autre d’une métaphysique athéologique (mais pas non mystique pour autant !) nous rappellera que toute métaphysique a ses conséquences physiques.

Le moindre des reproches que l’on pourrait faire à la métaphysique (et à ce qui en découle de divers spiritualismes et spiritualistes) n’est pas, comme vous l’imputez à ses adversaires, de « se complaire dans l’obscurantisme, les fables et l’invraisemblable », mais de prétendre, au contraire, au nom de sa logique et de ses irréfragables démonstrations, faire la loi dans le monde réel et physique des vraies gens, même de ceux qui se mettraient volontiers hors-jeu de toutes les spéculations et rationalisations métaphysiques dont on ne leur aura que trop souvent imposé les conséquences logiques, théologiques ou théopolitiques.

On peut certes détester le mot « matérialisme« , historiquement daté et fort mal connoté (notamment après Marx et ses disciples/prophètes du matérialisme dialectique), mais peut-on pour autant conclure que la science physique (par opposition à une science qui se dira métaphysique), sinon la science tout court, avec son épistémologie, ses hypothèses, ses expérimentations, ses réussites et ses reste-à-prouver relève de la « supercherie » ?

Est-il vraiment étonnant, comme le rappelle Comte-Sponville (philosophe dont j’ai sous les yeux « L’introduction à une spiritualité sans dieu », qui sera ma prochaine lecture), que les sciences (qu’il faut bien appeler physiques pour désigner celles qui ne prétendent pas se mêler de métaphysique) ont bien le souci, en toute logique « d’expliquer l’esprit par autre chose que lui-même, et spécialement de rendre compte de tel ou tel phénomène mental, culturel ou psychique par des processus physiques » ? Est-ce la faute du « matérialisme » (ce pelé, ce galeux, ce daté, cet imposteur) s’il a dû prendre le risque d’oser s’opposer à l’orthodoxie spiritualiste ou dualiste hégémonique (sinon totalitaire) durant les siècles des théocraties religieuses pour avoir le droit de vouloir raisonner sur d’autres bases logiques (physiques) que la logique (métaphysique) des théologiens ?

J’ai l’impression de pouvoir vous comprendre lorsque vous écrivez que « la métaphysique s’origine » dans la « volonté » de « rationaliser » le « symbolique » présent dans les « récits des origines ». Et je vous saurais gré de me donner des exemples de telles rationalisations du symbolique dans les « récits des origines », je suis en effet grand amateur du symbolisme, mythologique ou religieux.

Par contre, je comprends moins bien quelles limites méthodologiques la science (notamment les sciences humaines, ne fût-ce que par l’histoire et la littérature comparative, la sémiologie, la poétique, la narratologie, la psychanalyse, etc.) s’interdirait dans l’étude de ces « récits des origines ».

D’ailleurs, sur le fond : que serait une science, par définition ignorante des limites où son champ d’étude pourrait la faire avancer et des aboutissements où elle pourrait être entraînée, qui se fixerait d’avance des limites ? Comment une intelligence pourrait-elle se dire : voici une intelligence à laquelle je ne veux pas parvenir ?

Par contre, il n’est heureusement pas nécessaire d’être métaphysicien pour savoir choisir entre Martin Luther King et Hitler, comme il n’a pas été impossible non plus que de grands métaphysiciens (Heidegger ?) prennent le parti de Hitler (ou ne soient utilisés par lui : Nietzsche ?)

Pour ma part (comme bien des athées, comme Camus, que vous rappelez), et vraiment sans vouloir me vanter, je pense avoir accès à des réflexions et des pratiques éthiques tout en ayant renoncé à vouloir me les justifier par quelque réflexion métaphysique.

Je peux d’ailleurs vous proposer une maxime (que je crois) éthique à laquelle je n’ai jamais su quoi opposer, sans pourtant, je le reconnais, être capable de construire ma vie sur elle (pauvre, faible & humain pécheur que je suis) : « Agis de telle sorte que le monde ne se porte pas plus mal et si possible mieux si tout le monde agissait comme tu le fais. »
(Ou pour parler le latin que je sais me cuisiner : Primo non nocere –aut non essere- secundo placere et, if possible, docere).

Je crois aussi pouvoir vous comprendre quand vous écrivez que « la complexité de l’humain nécessite d’autres voies d’accès et de réflexion que la seule démarche expérimentale ». D’autant plus qu’il n’est pas besoin de démarche expérimentale particulière pour estimer, en toute logique, que dans un univers où n’existerait nulle entité immatérielle ni G.O.D. (Grand Organisateur Divin), la spiritualité propre à l’humain n’a pu « émerger » que des aptitudes physiologiques des individus humains & des pratiques socio-culturelles des sociétés humaines.

Pour moi, qui adore la métaphysique depuis que j’ai atteint l’âge de raison (même si j’ai mis du temps à éclore, en portant d’ailleurs ensuite moins de fruits que d’espoirs – mais je ne vais pas vous raconter ma vie), je n’ai jamais pensé que la pure spéculation hypothético-déductive pût être honteuse (surtout lorsqu’on pouvait en jouir –je suis un parfait 68tard).

Voilà pour aujourd’hui, pour ce soir. A une prochaine !

Et merci encore, cher desiderius (allons ! osons le cher Désiré !) des réflexions et précisions où vous me forcez ou, plutôt, m’invitez !

 

Comment se dire matérialiste sans en avoir ni la science ni la matière ?

Je publie ci-dessous un commentaire que je viens de proposer au blog d’un certain desideriusminimus (j’aimerais dire un ami inconnu avec lequel nous n’en sommes pas au premier échange, et avec qui nous sommes, pour le moment, d’accord pour partager parfois autant d’accords que de désaccords) :

http://desideriusminimus.blog.lemonde.fr/2013/11/27/archi-archives-de-stultitia-2008-une-spiritualite-laique/#comment-420

Voici donc, cher desiderius, l’étape actuelle des réflexions que m’ont inspirées de lien en lien plusieurs pages de votre blog, dont celle ci-dessus.  Je pense les reprendre dans une page de mon blog (c’est pour cette raison que vous n’apparaîtrez souvent ci-dessous que dans un « on », cependant tout à fait respectueux, soyez-en assuré), blog qui ainsi, grâce à vous, y trouverait un peu d’alimentation, sinon de matière

Admettons que la physique contemporaine interdise dorénavant de parler de « matière » pour évoquer l’ensemble des « forces, énergies, champs, particules ou ondes, etc. », dont le monde physique est constitué.

Admettons qu’on puisse se gausser de qui parlerait encore de « matière » matérielle, voire d’atomes, comme les philosophes grecs ou la science du XIXe.

Admettra-t-on néanmoins que celui qui se dit actuellement matérialiste, s’il ne peut plus « dire simplement ce que la complexe notion de matière recouvre dans son esprit » (tant la notion même d’atome ou de « matière » se sera atomisée à mesure que s’approfondissait la physique quantique), il sait à quelles notions et concepts il s’oppose :

Se dire « matérialiste » ne renvoie plus de nos jours à quelque atomisme grec antique ou scientiste du XIXe  mais signifie essentiellement (qui pourrait encore vouloir l’ignorer ?) que l’univers n’a pas été créé ni n’est constitué ou habité par des entités surnaturelles ou d’êtres échappant aux lois de la physique, êtres, entités ou forces bénéfiques ou maléfiques que nous pourrions craindre ou implorer, dont nous aurions à écouter les commandements ou les interdits que nous transmettraient quelques éminents élus ou saint texte, voire les voix que nous en entendrions en nous. Entités, forces ou êtres aussi immatériels que surnaturels qui tout en étant en-dehors du monde physique (et échappant à ses lois) y œuvreraient physiquement depuis les origines voire encore tous les jours que nous y vivons, par le truchement de forces physiques surnaturelles qu’ils déclencheraient ou d’êtres humains supérieurement inspirés (voire eux aussi surnaturels, s’ils étaient les Fils à la fois naturels et surnaturels de tel Père surnaturel) qu’ils guideraient.

Lorsqu’on aurait expliqué que la « matière matérielle » des grecs ou des savants du XIXe n’existe pas, pourra-t-on pour autant se permettre, comme allant de soi, de parler de la nature physique de l’univers (si proprement « immatérielle » que serait, aux marges actuelles de nos observations ou interactions possibles avec elle, cette nature) comme nous offrant l’hypothèse d’une conception surnaturelle de l’univers ?

Arrivés à un certain âge de raison, ne faisons-nous pas tous la différence entre des personnages fantastiques ou surnaturels de films, BD, dessins animés ou contes (zombies, diables, fantômes, Olympiens ou autres « héros » doués de sur-pouvoirs, etc.) et des personnes en chair et en os fréquentées dans la vraie vie ?  (Même si bien sûr, au moment de notre rapport & vécu imaginaire avec eux, ces personnages de fiction peuvent nous sembler plus réels que nos voisins ou amis, de même que peuvent nous sembler plus réels et bouleversants que la vraie vie certains épisodes de nos rêves ou cauchemars ?)

Que des scientifiques, savants ou chercheurs des plus fins voire nobélisés concluent sur le caractère foncièrement énigmatique des « origines » de l’Univers et notamment des transitions entre le néant et l’être, l’inerte et le vivant, le vivant et l’humain, peut-on leur faire dire autre chose que ce qu’ils n’en disent pas ?

Que l’on ne sache pas « pourquoi il y aurait quelque chose plutôt que rien » a-t-il interdit aux scientifiques, savants et autres chercheurs de travailler et réfléchir sur ce « quelque chose » (qui, s’il n’est pas simplement « matériel », n’en est pas pour autant immatériel ou métaphysique), d’en observer les lois et d’en tirer les conséquences physiques, pratiques ou technologiques (dans des domaines aussi variés que l’électricité, l’électronique, l’astronautique, le GPS, la téléphonie et l’internet, etc.) qui ont totalement modifié nos conditions de vie, de communication et d’intégration à notre commune humanité et à son immatériel patrimoine ?

Je comprends donc parfaitement que l’on rappelle que « toute réflexion qui prétend aller au-delà de ce que la science peut dire du passage du néant à l’être relève de l’hypothèse ou de la modélisation métaphysique » et que l’on conclue que « l’hypothèse Dieu n’a pas à intervenir lorsqu’on aborde les questions scientifiques » (ce qui n’empêche pas que des scientifiques des plus éminents ne renoncent pas à leur croyance en l’existence d’un Dieu, ce qui est logique puisque, en qualité de scientifiques étudiant la physique, ils s’interdisent justement de parler de métaphysique).

Si nulle science ne permet de répondre à la question des origines, ni donc à celle des transitions entre néant/être, inerte/vivant, vivant/humain, on doit bien accepter, pour qui voudrait passer outre cette science, que se constitue ou se postule une science non-physique, que l’on pourrait dire une « science non physiquement scientifique » mais assez logique et discursive pour se définir comme « l’exercice de la raison au-delà des données de l’expérience physique ou des sciences physiques« , science non-physique que l’on appellerait « méta-physique ».

Cette science méta-physique, par quel art mystérieux rendra-t-elle compte des « mystères » que la science (tout court) s’interdirait d’aborder ou de prétendre expliquer ?

Quels seront les champs de cette méta-physique ? Avec quels outils les abordera-t-elle ?

Avec ceux du récit, du mythe, du discours, du logos, de la logique du logos, de la raison… avec de la philosophie, de la métaphysique, nous dira-t-on.

Mythes dont on fera, en leur sens le plus noble, le « récit des origines » (ce que la science s’interdit de faire, pour ne pas se raconter d’histoires).

Un philosophe, un métaphysicien, comme Ricoeur verra dans ces mythes, dans ce que l’histoire des religions y discerne aujourd’hui « non une fausse explication (par le moyen d’images et de fables) mais un récit destiné à instituer toutes les formes d’action et de pensée par lesquelles l’homme se comprend lui-même dans le monde ».  (P. Ricoeur, Finitude et culpabilité, la Symbolique du mal, in Philosophie de la volonté, Paris, Aubier-Montaigne, 1960, p. 12).

Mais comme nulle science physique ne pourra décider de la validité explicative d’un mythe (traitant du métaphysique), les adeptes de métaphysique n’ont que le choix entre « mythes raisonnables » et « mythes invraisemblables », entre modèles métaphysiques crédibles et humainement soutenables et d’autres qui le sont moins, reconnaîtra-t-on.

Du coup, « la conscience informée de chacun d’en juger » risque de dépendre de l’art du récit, de l’art de convaincre, de l’art de la persuasion, l’art de rendre plus ou moins crédible, plus ou moins vraisemblable tel récit ou tel mythe, l’art de captiver le lecteur ou l’auditeur, l’art de donner la meilleure cohérence à ce qui pourrait sembler incohérent, de feindre d’organiser ces mystères qui nous dépassent (pour évoquer Cocteau, lui-même un grand mystificateur et artiste),  etc.

Et métaphysique rimerait avec rhétorique ?

Eh ! De quoi vous inquiéteriez-vous, me dira-t-on, si, in fine, toute métaphysique ne serait que d’art ?

De rien. Au contraire, mon âme d’artiste ne pourrait que s’en réjouir.

Et qui n’admirerait pas les créations artistiques extraordinaires, sculptures, monuments, créations littéraires, musicales, picturales, poétiques ou « philosophiques », etc. que nous ont valu au fil des millénaires et des siècles les croyances, pratiques et convictions religieuses (pour ne pas dire métaphysiques) de l’humanité ?

A condition que nous convenions tous qu’en toute métaphysique, il ne s’agirait jamais que d’art…  d’art de vivre, de penser ou de faire aimer… Fût-ce quelque sublime art pour l’art (gratis pro deo)… et pas de vie ou de mort :  pas de récits (mythes ou fables) impies brûlés ou déchirés, de langue impie arrachée, de monuments païens abattus, d’apostate lapidée ou de sorcière brûlée, de savant dit hérétique ou de chercheur ou artiste dit blasphémateur écartelé, etc. Ni de Prophète intouchable (fût-ce par le poil d’un pinceau) ni de Pape infaillible. Ni, deo gratias !, de théocratie.

Amen ! Ô frère en immatérielle humanité !

Ajout du 24 mai :

Sur ce thème de réflexion, il serait utile aussi de lire cette page du blog de desiderius, ainsi que la petite réflexion que j’y avais mise en commentaire :

http://desideriusminimus.blog.lemonde.fr/2013/12/04/des-mythes-des-croyances-et-de-mr-onfray-qui-est-au-dessus-de-tout-ca/