Put’in out !

Sur la guerre déclenchée contre l’Ukraine (et au mépris du droit international) par Poutine :

Je suis à la fois complètement  consterné, abattu et presque physiquement déprimé par l’incroyable attentat que l’autocrate national-populiste russe vient de commettre contre un pays voisin et historiquement frère, au mépris de toutes ses promesses, de toutes les conventions internationales, au mépris de la paix en Europe.

L’Ukraine risque d’être déchirée et ruinée, avant d’être sans doute politiquement voire moralement livrée aux mafias canailles des oligarques et autres affidés ou marionnettes du dictateur russe.

Néanmoins, au moment où cette énième saloperie vient d’être décidée et assumée en répandant autour d’elle morts, malheurs et futur marasme économique, je sens poindre au fond de moi, m’en étonnant moi-même, une onde d’espoir dont je veux ici faire part. Peut-être juste pour ne pas broyer du noir tout seul, comme nous n’en avons sans doute que trop souvent l’habitude dans un pays (voire une UE) que nous sentons souvent se dissiper dans son anomie.

Il n’est pas impossible que le sang versé par Poutine ne finisse par retomber sur lui. Napoléon et Hitler ont eux aussi fini vaincus d’avoir trop souvent gagné.

Même les hordes primitives (dont le conservatisme de l’instinct grégaire n’aime guère l’hubris devenue suicidaire) se retournent parfois contre le mâle alpha dont elles auront pourtant longtemps subi la domination. On sait le grand nombre d’attentats tentés contre Hitler une fois que son hubris – ivresse eut fait trembler dans sa main la coupe de ses victoires. Il n’est pas impensable que même un peuple soumis et résigné ne trouve un jour impossible d’avaler la goutte d’amertume ou d’humiliation de trop après en avoir pourtant avalé des louches.

On sait que certaines parties d’échecs qui pouvaient mener au nul ou au pat ont été perdues par une attaque conçue comme décisive mais, de fait, inconsidérée. 

Il n’est pas impossible que l’outrance visible par le monde entier du coup de force de Poutine lui interdise à tout jamais (lui et son régime) de pouvoir passer pour un ‘responsable’ politique, au yeux tant de son propre peuple que du monde entier, en tout cas de l’Europe et des nombreux pays encore vaguement démocratiques et soucieux d’un minimum de respect des droits élémentaires des hommes et des peuples.

Il n’y a qu’à voir à quelle vitesse nos candidats poutinophiles, soit par europhobie soit par anti-américanisme soit par admiration devant l’autocrate qu’ils rêveraient d’être ont vite recraché les mots dont ils se gargarisaient hier encore…

Bref, c’est au coeur de la nuit qu’il arrive parfois qu’on se sente tellement frileux de lumière qu’on s’enflammerait soi-même pour en avoir. 

De profundis.