Petite vivisection publique : je me sens à ce point politiquement à nu, à ce point désespéré par ce qui (ne) se passe (pas) dans le camp (?), le marais (?), le no candidat’s land de notre social-démocratie qu’il m’arrive d’en venir à des réflexions que d’aucuns pourraient ne voir puisées qu’à l’humour noir le moins gai (celui qui galère).
Mais, je suis en train de me dire, de profundis, que si les sociaux-démocrates (dont je me sens proche) ne sont toujours pas capables, dans leur diversité, d’avancer pour mobiliser le pays sur un projet et un candidat et se contentaient de crier au loup LFI antisémite ou au RN islamophobe, ils feraient peut-être mieux de se rallier, par défaut, à quelque candidat alternatif (du centre ou de la droite) qui ne soit ni LFI ni RN.
Pour ma part, (fontaine, fontaine des urnes, ne me fais pas maudire ton offrande), je suis bien décidé à ne jamais voter ni LFI ni RN. C’est d’ailleurs pour éviter ce dilemme qu’à deux reprises j’ai voté Macron dès le premier tour des deux dernières présidentielles (ce qui nous a valu dix ans d’une présidence dont, pour ma part, je me suis plus souvent désespéré que réjoui).
Puisqu’on nous dit (et je le pense aussi) que LFI et RN sont les deux mamelles ou plutôt outres qui feraient de notre démocratie une dégoûtante voire dangereuse marâtre, je ne trouverais pas illogique de demander pourquoi, afin d’éviter la tragédie annoncée, ce “on” ne pourrait pas au moins, par défaut, se mettre en quête d’une candidature de compromis du même genre que la majorité de compromis qui a permis à notre pays d’avoir un budget et un mode minimal de fonctionnement parlementaire constitutionnel (et même finir par voter une loi de Fin de vie, que j’attends depuis des années, même si celle qui sera votée demain, 15 juillet, aura complètement écarté la possibilité de directives anticipées).
Bref, ne vaudrait-il pas mieux, en désespoir de cause, voir sur quel programme on pourrait (il pourrait se) négocier une candidature PS + Attal, voire Philippe, plutôt que de perdre du temps et de l’énergie à se tâter, en Place publique (sic), entre sociaux-démocrates europhiles, sans être sûr d’ainsi pouvoir éviter l’épouvantable dilemme LFI/RN ?
Ajout du 15 août :
On me fera remarquer que cette « grande coalition » ne serait jamais que du macronisme sans Macron.
En effet… Faut-il comprendre qu’aux yeux de beaucoup le macronisme serait plus dégoûtant que LFI ou LRN ?
Sans doute, hélas…